Question oui/non (question dichotomique)
Une question oui/non, aussi appelée question dichotomique ou binaire, est une question fermée qui ne propose que deux réponses opposées : « Oui » ou « Non ».
Simple en apparence, elle est en réalité l’une des plus délicates à utiliser dans une enquête.
Exemple, et son alternative
La même question, posée sur une échelle :
Il n’a même pas été nécessaire de reformuler la question. Une question oui/non n’est finalement qu’une échelle réduite à ses deux extrêmes, sans aucune nuance.
Pourquoi éviter les questions oui/non
- Elles effacent la nuance. Vous obtenez X % de « Oui » et le reste de « Non ». Qui est vraiment convaincu ? Qui doute ? Tout est noyé dans un choix absolu.
- Elles mettent les participants dans l’embarras. Le saut entre « Oui » et « Non » est immense : ceux qui se situent entre les deux ont envie de répondre « ça dépend », et choisissent un peu au hasard. Chaque imprécision de la question est amplifiée.
- Elles ne sont pas si exhaustives. Ceux qui sont entre les deux ne se reconnaissent dans aucune option, ceux qui ne sont pas concernés non plus. Et « Non » n’est pas toujours l’opposé de « Oui » : à « Avez-vous été exposé à une personne malade ? », la réponse honnête est souvent « Pas à ma connaissance ».
Bref, les questions oui/non sont plus simplistes que simples. Une échelle est à la fois plus facile pour les participants et plus précise pour vous.
Les pièges à éviter
- Utiliser le oui/non pour évaluer. Satisfaction, accord, utilité : utilisez toujours une échelle.
- Oublier les participants qui ne sont pas concernés. On voit rarement de « Non concerné » sur une question oui/non. C’est pourtant souvent nécessaire.
- Évaluer plusieurs choses à la fois. « Êtes-vous capable de décrire votre parcours de formation et votre parcours professionnel ? Oui/Non » : le format binaire rend la question double encore plus problématique.
- Appliquer le format à tout un questionnaire. Chaque imprécision devient un dilemme pour les participants, et les résultats en pâtissent.
Les seules exceptions sont les questions factuelles et sans ambiguïté, souvent utilisées comme filtre (« Avez-vous contacté notre service client au cours des 12 derniers mois ? »). Même là, vérifiez que tout le monde peut répondre sans hésiter.