Les types d’échelles à utiliser dans vos enquêtes en ligne

Par Pierre Simonnin · Publié le · Mis à jour le · Environ 6 minutes de lecture

Une question échelle (ou question jauge) est une question fermée dont les options suivent une progression logique entre deux extrêmes. Les plus courantes mesurent un niveau de satisfaction, un niveau d’accord, une fréquence ou une quantité. Voici des exemples de chaque type, et les règles pour construire une échelle qui fonctionne.

Avec les questions ouvertes, les questions échelles font partie pour moi des deux piliers des questionnaires. Si la liste de leurs possibilités d’utilisation est quasi infinie, on peut dresser une liste des principaux types de questions échelles, avec des exemples d’échelles associées.

Qu’est-ce qu’une question échelle ?

Les options d’une question échelle suivent une progression logique, croissante ou décroissante (l’ordre alphabétique n’est pas une progression logique).

Dans l'ensemble, êtes-vous satisfait de notre produit ?
*Exemple de question échelle de type « -2/+2 »*
Quelle est la probabilité que vous recommandiez notre produit à un ami ou proche ?
0. Extrêmement improbable10. Extrêmement probable
*Exemple de question échelle sous la forme d'une jauge de 0 à 10*

Les options d’une question échelle n’ont pas forcément besoin d’être explicitement quantifiées (en attribuant une note) pour les participants, mais elles doivent être quantifiées de votre côté afin d’en analyser les réponses : chaque option correspond à une valeur, qui peut être directement dictée par l’option elle-même ou arbitraire. Un bon test pour identifier une question échelle est de se demander si la moyenne des valeurs de ces options a du sens.

Quand utiliser une question échelle ?

Il est difficile de lister tous les cas dans lesquels on peut utiliser les questions échelles, car la liste est presque infinie ! Si je devais donner une idée générale, ce serait que l’on peut (et doit) utiliser les questions échelles à chaque fois que l’on souhaite « évaluer » quelque chose.

Leur principal avantage est justement d’avoir des options quantifiées. Vous pourrez alors réaliser de véritables statistiques sur les résultats, en calculant des moyennes, des écarts types, des différences entre populations, des coefficients de corrélation… Tout cela n’est vraiment réalisable que sur des questions échelles.

Les principaux types d’échelles

  • Niveau de satisfaction : probablement le type de question échelle le plus connu. Cela se présente souvent sous forme de question « -2/+2 » (Pas du tout satisfait, Plutôt pas satisfait, Neutre, Plutôt satisfait, Totalement satisfait) ou d’une note de 0 à 10. Je vous donne toutes les bonnes pratiques pour les échelles de satisfaction et de notation !
  • Niveau d’accord : l’autre incontournable (c’est l’échelle de Likert au sens strict), utilisé pour demander au répondant à quel point il est d’accord avec une affirmation (qui doit toujours être tournée positivement : demandez si la charge de travail est adaptée plutôt que de demander s’il y a trop de travail - j’ai traité ce point plus en détail dans l’article sur la question échelle).
  • Fréquence : utilisé pour déterminer une fréquence d’utilisation (d’un produit, d’un service…) pour les participants. L’échelle pourra être très variable d’un cas à l’autre, mais voici un exemple d’échelle simple : Quotidienne, Hebdomadaire, Mensuelle, Moins d’une fois par mois, Jamais.
  • Quantification : de manière générale, la quantification d’une grandeur (un temps passé, un nombre d’utilisations…) pourra passer par un champ numérique (les participants entrent directement la valeur, mais cela peut générer des erreurs, et les résultats ne sont pas évidents à traiter) ou une question échelle, comme celle du temps de trajet ci-dessus. Attention à bien inclure la valeur minimale (zéro, moins l’infini…) et la valeur maximale dans votre échelle, et à éviter que les différentes options se chevauchent.

Comment construire une question échelle ?

Par construction, une échelle couvre l’ensemble du spectre : elle est délimitée par deux extrêmes, avec des options intermédiaires entre les deux. Il ne doit ainsi pas être possible de vouloir choisir une réponse inférieure ou supérieure aux options proposées. Dans l’exemple des temps de trajet, tous les cas sont pris en compte : des personnes ayant 1 minute ou 3 heures de trajet se retrouvent tout à fait dans les réponses proposées.

Une échelle comporte donc au moins 3 options. La plupart en comptent de 4 à 7, à l’exception de la note de 0 à 10 qui en compte 11. Pour une échelle de notation, je vous recommande de préférence 5 points, avec une réponse neutre au milieu.

Cette construction implique également certaines bonnes pratiques assez immédiates :

  • Les options ne doivent pas être placées dans un ordre aléatoire, mais dans l’ordre croissant ou décroissant (je vous conseille l’ordre croissant pour une échelle de notation).
  • Un répondant ne peut choisir qu’une seule option : s’il peut avoir envie d’en choisir plusieurs, ou de répondre « ça dépend », c’est que la question est une « question double », et qu’elle est donc mal posée.
  • Les options ne doivent pas inclure de choix « autre », puisque l’échelle est censée couvrir l’ensemble du spectre. Je recommande en revanche d’ajouter un choix « non concerné », car toutes les questions ne concerneront pas tout le monde (et vous ne serez pas toujours en mesure de le déceler à l’avance). Je vous en dis plus dans cet article.

Vous trouverez les autres règles (formulation, intervalles, mise en forme) dans l’article Comment poser une bonne question échelle.

En résumé

  • Une question échelle est une question fermée dont les options suivent une progression logique : si la moyenne des réponses a un sens, c’est une échelle.
  • Les quatre types les plus courants mesurent un niveau de satisfaction, un niveau d’accord, une fréquence ou une quantité.
  • Une échelle couvre tout le spectre, de la valeur minimale (« Jamais », zéro) à la valeur maximale, avec des options qui ne se chevauchent pas.
  • Les options restent dans l’ordre, une seule réponse est possible, et l’option « autre » n’a pas sa place dans une échelle : ajoutez plutôt un « non concerné ».
  • Pour une échelle de notation, je recommande de préférence 5 points, avec une réponse neutre au milieu.

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