Quand lancer votre enquête en ligne ?

Par Pierre Simonnin · Publié le · Mis à jour le · Environ 5 minutes de lecture

Une enquête liée à un événement (achat, formation, séminaire) part juste après celui-ci, ou après un temps d’utilisation suffisant s’il s’agit d’évaluer un produit. Les autres enquêtes se lancent dès qu’elles sont prêtes et testées, en évitant les vacances et les périodes chargées, et restent ouvertes environ deux semaines, le temps d’une invitation et de deux relances.

Tour d’horizon des bonnes pratiques en la matière pour maximiser la participation, limiter les biais et accélérer votre enquête.

Les enquêtes liées à un événement

Il vous faut tout d’abord déterminer si votre enquête est une enquête événementielle, c’est-à-dire une enquête effectuée en réponse à un événement : une enquête de satisfaction client après un achat, une enquête de satisfaction après un séminaire, une évaluation de formation…

Dans ce cas, le moment idéal suivra l’événement en question. Selon les cas, cela pourra se faire sans délai, ou avec un délai plus ou moins long, directement déterminé par vos enjeux et vos objectifs.

Les enquêtes sans événement déclencheur

Mais toutes les enquêtes ne sont pas événementielles : une étude de marché ou un baromètre d’engagement, par exemple, ne répondent généralement pas à un événement particulier. Quelles bonnes pratiques faut-il donc suivre pour déterminer leur date de lancement ?

A partir de quand peut-on lancer l’enquête ?

Vous pouvez lancer l’enquête à partir du moment où vous êtes prêts à le faire ! (oui, je suis allé la chercher loin celle-là 😛)

Plus sérieusement, qu’est-ce que cela veut dire ? Que vous devez avoir sérieusement préparé le questionnaire, la liste des participants (sauf si vous n’avez pas de liste et que vous touchez les participants de manière indirecte), la communication (notamment les messages d’invitation et de relance)… et avoir testé l’enquête (on l’oublie trop souvent). Or tout cela prend du temps : d’après mon expérience, de 1 semaine à 1 mois dans le cas général, même s’il peut être possible de lancer une enquête en 24 heures ou d’y passer 6 mois.

C’est pourquoi je vous invite à vous méfier des « rétroplannings », consistant à fixer une date butoir plus ou moins arbitraire, et à imaginer ensuite comment il pourrait être possible de respecter cette date. Ces délais peuvent en effet parfois se révéler impossibles : j’ai travaillé avec un nombre incalculable de clients ayant dû décaler le lancement de leur enquête, parfois de plusieurs mois, après avoir été trop optimistes sur le temps nécessaire (et si je peux aider et guider mes clients pour leur faire gagner du temps, je ne peux pas non plus faire de miracles !).

Au lieu d’un rétroplanning, je vous conseille de déterminer une fenêtre de lancement, avec une borne optimiste et une borne un peu plus pessimiste, pour donner à l’équipe travaillant sur l’enquête plus de souplesse et de sérénité afin de bien faire son travail.

Quels moments favoriser ?

Pour le jour d’envoi de l’invitation, le mieux est de s’appuyer sur la recherche. Une étude a mesuré cet effet à travers cinq expériences menées en ligne sur de grands échantillons variés (Wolff et Göritz, « The day-of-invitation effect on participation in web-based studies », Behavior Research Methods, 2022). L’effet du jour est faible, mais réel : le taux de réponse est le plus élevé en début de semaine et baisse jusqu’à son niveau le plus bas le vendredi. Cette baisse est plus marquée chez les personnes qui travaillent. Les auteurs recommandent donc d’envoyer les invitations le lundi ou le mardi.

Gardez également à l’esprit que :

  • La date précise se détermine mieux lorsque cette date approche, quand vous avez une meilleure vision du contexte (l’actualité, les disponibilités, la vie de l’entreprise…).
  • Mieux vaut varier les jours et heures de communication. Si vous réalisez une invitation et deux relances sur votre enquête, ne les envoyez pas toutes les trois un mardi à 11h30 : essayez des jours et heures différents afin de maximiser vos chances de toucher les différentes personnes au moment le plus propice pour elles.

Quels moments éviter ?

Si possible, évitez les événements qui pourraient perturber le bon déroulement de l’enquête, la disponibilité des participants ou la perception des répondants : vacances, grèves, événements particuliers dans l’actualité ou votre actualité…

Combien de temps l’enquête devra-t-elle rester ouverte ?

Pour une enquête avec une invitation et deux relances (ce que je vous recommande), deux semaines d’ouverture de l’enquête sont amplement suffisantes. Pour les cas particuliers, ou pour une sollicitation indirecte des participants, cela est plus complexe : la durée dépend des canaux utilisés et du rythme auquel arrivent les réponses. Je présente ces canaux dans comment envoyer une enquête sans liste d’adresses e-mail, et les taux de réponse à en attendre dans quel taux de réponse pour votre enquête en ligne.

Si l’enquête est récurrente, à quelle fréquence devrez-vous la réaliser ?

Ici aussi, le cas est complexe, et très variable. Il faudra trouver la fréquence adaptée, suffisamment élevée pour donner aux participants le sentiment d’être écoutés régulièrement, et suffisamment basse pour laisser le temps aux destinataires des résultats de se les approprier, mettre en place des actions, communiquer sur le sujet… J’ai traité le cas de la fréquence des enquêtes pulse et baromètres d’engagement dans l’article sur la fréquence des enquêtes pulse.

Conclusion

Si j’ai parlé de la nécessité de ne pas vous précipiter pour lancer votre enquête, je tiens à préciser qu’il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse et attendre l’alignement des planètes : aucun moment ne sera absolument parfait, donc sachez aussi avancer sans tergiverser !

En résumé

  • Une enquête liée à un événement (formation, séminaire, achat) part juste après celui-ci ; pour évaluer un produit, laissez d’abord aux clients le temps de l’utiliser.
  • Les autres enquêtes se lancent quand elles sont prêtes et testées : prévoyez une fenêtre de lancement plutôt qu’une date butoir fixée à l’avance.
  • Évitez les vacances, les grèves et les périodes d’actualité chargée ; envoyez de préférence l’invitation en début de semaine (lundi ou mardi), et variez les jours et heures des relances.
  • Avec une invitation et deux relances, deux semaines d’ouverture suffisent en général.
  • Pour une enquête récurrente, la fréquence doit laisser le temps d’exploiter les résultats et d’agir avant la vague suivante.

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