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Mis à jour le 26 août 2020

La plupart des outils d’enquête en ligne propose la possibilité de présenter les réponses d’une question dans un ordre aléatoire différent pour chaque participant. Cette fonctionnalité permet ainsi de limiter les biais du questionnaire en “donnant les mêmes chances” à chaque choix. En effet, chaque option se retrouvera tantôt au début, au milieu ou à la fin de la liste. Elle ne sera donc pas avantagée ou désavantagée par rapport aux autres (dans la mesure où, en général, les options au début auront plus de chances d’être lues que les options à la fin).

S’il peut être bien utile, cet ordre aléatoire des options ne doit évidemment pas être utilisé systématiquement ! Je vous présente les cas dans lesquels vous vous pouvez ou non utiliser cette fonctionnalité !

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Les cas où vous ne pouvez pas placer les réponses dans un ordre aléatoire

L’échelle

Une échelle, c’est un ensemble d’options se suivant dans un ordre progressif logique. Exemple : pas du tout, plutôt pas, neutre, plutôt, tout à fait. Pour rappel, je vous dis ici comment poser une bonne question échelle).

C’est bien sûr le cas pour une échelle de notation (ou de satisfaction), mais pas uniquement ! Il peut également s’agir d’une échelle de fréquence, chronologique… Ou n’importe quelle autre échelle pour laquelle les options suivent une progression logique d’un extrême à l’autre.

Puisque les réponses suivent une progression, il est donc logique de garder cette progression pour les participants. On ne peut donc en aucun cas placer les options d’une échelle dans un ordre aléatoire. En aucun cas, vraiment. Vous imaginez devoir répondre à une question où l’on vous demande si vous mettez la note 2, 10, 5, 1, 9, 8, 4, 6, 3, 7 ou 0 ? Moi non plus.

Les réponses évidentes

Il existe certaines questions pour lesquelles le répondant sait déjà ce qu’il va répondre avant même d’avoir lu les options proposées, parce que le choix est limité et qu’il s’agit d’une réponse factuelle.

C’est par exemple le cas si l’on demande à un répondant :

  • Le pays ou le département dans lequel il habite
  • Son secteur d’activité
  • La direction dans laquelle il travaille au sein de l’entreprise
  • Ou encore les produits d’une marque donnée qu’il a déjà achetés

Dans ce cas, les réponses ne devront pas non plus être placées dans un ordre aléatoire.

Déjà, parce qu’il n’y a aucun risque qu’une option soit désavantagée par rapport à une autre : le participant sait déjà ce qu’il va répondre. Ici, l’enjeu est donc de permettre au répondant de trouver facilement la réponse qu’il a déjà en tête.

Ensuite, parce que placer les options dans un ordre aléatoire apporterait de la confusion et des pertes de temps à une question censée être facile. J’en présente un exemple dans le deuxième point de cet article.

Le mieux est donc de disposer les réponses dans l’ordre le plus logique et pratique pour le répondants :

  • Pour le département dans lequel il habite, le plus logique sera de classer par numéro de département.
  • Pour le pays, l’ordre logique sera plutôt alphabétique. Mais si certaines réponses sont plus probables que d’autres, vous pouvez les mettre en premier. Exemple : mettre la France en premier quand vous savez que la plupart de vos répondants est susceptible d’habiter en France, puis les autres pays dans l’ordre alphabétique.

De manière générale, placez les options dans l’ordre le plus logique (souvent l’ordre alphabétique). Vous pouvez éventuellement regrouper les réponses par grandes catégories si vous avez trop d’options ou que chaque réponse a de nombreuses formulations possibles (ce qui rend donc plus difficile de la trouver par ordre alphabétique). Mais dans tous les cas, pas d’ordre aléatoire des options ici !

Les listes d’options utilisées plusieurs fois

Parfois, une même liste d’options sera utilisée dans plusieurs questions différentes. Par exemple, j’ai récemment demandé dans une enquête le type de demandes de partenariats que les répondants recevaient, puis dans la question suivante ceux qu’ils aimeraient recevoir. Logiquement, les options proposées sont les mêmes dans les deux questions. Mieux vaut donc éviter l’ordre aléatoire pour laisser les réponses dans le même ordre. Vous permettez ainsi aux participants de s’y retrouver d’une question à l’autre.

Le cas particulier des points fixes

Souvent, une question aura quelques réponses à part, qui se situeront logiquement soit au début soit à la fin de la liste de réponses – mais en tout cas pas perdues au milieu des autres réponses. Il peut notamment s’agir d’un « aucun », d’un « autre », d’un « non concerné », d’un « je ne sais pas »… (et si vous vous demandiez : oui, inclure une ou plusieurs de ces réponses est une bonne pratique, même si elle est trop souvent oubliée).

Si la plupart des plateformes propose la possibilité de « randomiser » (mettre dans un ordre aléatoire) les options, malheureusement peu proposent une gestion de ces points fixes. A part la réponse « autre » qui se trouvera en général à la fin, ces autres réponses particulières se trouveront mélangées avec les autres réponses. Pour plus de clarté, il sera donc parfois préférable d’éviter l’ordre aléatoire pour garder une cohérence dans la disposition des options.

Le cas idéal pour l’utilisation de l’ordre aléatoire des options

Ainsi, la bonne pratique est généralement d’utiliser l’ordre aléatoire :

  • Pour une question cases à cocher ou “checkbox (c’est-à-dire une question fermée pour laquelle les participants peuvent sélectionner plusieurs réponses)
  • Pour laquelle les participants ne peuvent pas vraiment anticiper les réponses ou leur intitulé

Si vous souhaitez disposer vos réponses dans un ordre aléatoire dans un cas autre que celui-là, alors peut-être devriez-vous envisager que :

  • Vous n’avez pas utilisé le bon type de question (vous imposez une seule réponse alors qu’il faudrait laisser la possibilité d’en choisir plusieurs)
  • Ou que l’ordre aléatoire n’est pas approprié.

Si vous avez un doute, mieux vaut laisser tomber l’ordre aléatoire des options. Il peut en effet apporter beaucoup de confusion pour les participants s’il est utilisé dans un cadre inapproprié ! Et, faut-il le rappeler, la confusion des participants se transforme souvent en réponses moins fiables et en abandons…

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Pierre nous a apporté toute son expérience du questionnaire en ligne, et nous a permis de gagner beaucoup de temps dans le cadre d’un planning serré. Nous avons particulièrement apprécié sa sensibilité sur l’expérience utilisateur !

Vincent Pilloy
Fondateur et CEO chez INOV360

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Photo par Riho Kroll sur Unsplash

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Pierre Simonnin

J'ai conçu et posé une bonne dizaine de milliers de questions depuis 2010. A travers ce site, je veux partager mon expertise pour vous aider à réussir vos projets :)

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