Il est tentant de penser qu’en tant que concepteur d’un questionnaire, vous avez le pouvoir sur vos répondants… mais c’est en fait exactement l’inverse ! Étudions ensemble les raisons de ce pouvoir, et ce que cela implique pour la conception de votre enquête.

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Pourquoi vos participants ont le pouvoir

« Knowledge is power » dit-on. C’est on ne peut plus vrai ici : à travers votre enquête, vous cherchez à récupérer des informations, des avis, des idées de vos répondants. Si vous voulez des informations de qualité, ce n’est donc pas à vos participants de s’adapter pour rentrer dans vos cases, mais à vous d’adapter votre questionnaire pour qu’il puisse leur correspondre.

Surtout, vos participants ont le pouvoir car ils ont la liberté de faire ce qu’ils veulent. A chaque tentative de leur forcer la main, ils pourront exercer cette liberté en-dehors du cadre prévu de l’enquête, principalement en répondant n’importe quoi (ou a minima ne correspondant pas, de leur point de vue, à ce qu’ils pensent) ou en abandonnant l’enquête. Et je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi vous préférez éviter cela !

Les tentatives de forcer la main des participants sont pourtant nombreuses, et souvent involontaires : une question obligatoire, les forcer à se positionner sur un sujet alors qu’ils n’ont pas d’avis, les faire choisir entre deux choix alors qu’ils auraient voulu en mettre un troisième, les obliger à ne mettre qu’une réponse alors qu’ils auraient voulu en mettre deux…

Alors que faire ?

Du coup, comment reprendre le pouvoir à vos participants ? Eh bien on ne peut pas. Ce constat restera vrai quelle que soit l’enquête, quel que soit le mode de réponse. Pensez à un questionnaire papier dans lequel un participant ne se retrouvera pas : il y a de fortes chances qu’il ne réponde pas, ou qu’il griffonne une note dans la marge. L’avantage des enquêtes en ligne, c’est que vous n’avez pas toutes ces réponses annexes à gérer. L’inconvénient, c’est que vous n’avez pas tout ce contexte pour mieux comprendre les réponses, ou savoir quand vous ne devez pas les prendre en compte. Il faut donc anticiper afin que le cas ne se présente pas.

Et pour cela, la clé est tout simplement de respecter vos participants. Puisqu’il est impossible d’obliger un répondant à répondre ce qu’il pense, respectez ce pouvoir qu’il a, pour qu’il ait l’envie et les moyens de répondre correctement à votre enquête.

Comment fait-on ça en pratique ? Donner envie de répondre et récupérer des informations fidèles et utiles, c’est finalement l’objet de quasiment chacun des articles de ce site ! Mais voici un rapide tour d’horizon de quelques bonnes pratiques qui éviteront de donner envie aux participants de vous rappeler qu’ils ont le pouvoir :

  • Ne mettez aucune question obligatoire
  • Laissez un choix neutre
  • Laissez la possibilité de répondre « non concerné »
  • Ajouter à chaque fois que possible un choix « autre » pour s’assurer de couvrir l’ensemble des possibilités
  • Ne pas limiter le nombre de choix si un répondant est susceptible de vouloir en mettre plusieurs

Gardez à l’esprit que vos répondants ont raison, ou du moins qu’ils ont leurs raisons… A vous de les respecter !

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Pierre Simonnin

J'ai conçu et posé une bonne dizaine de milliers de questions depuis 2010. A travers ce site, je veux partager mon expertise pour vous aider à réussir vos projets :)