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Mis à jour le 29 octobre 2020

La longueur des questionnaires : un interminable dilemme. A partir de quel moment peut-on dire qu’on questionnaire est trop long ? Quel impact cela peut-il avoir exactement ? Comment faire pour que les participants aillent tout de même au bout de l’enquête ? Je vous explique comment mettre toutes les chances de votre côté pour que vos participants répondent à votre enquête jusqu’au bout !

Temps de lecture estimé : 7 minutes

Comment déterminer si un questionnaire est trop long ?

Pour commencer, il faut comprendre que « long » est extrêmement relatif pour une enquête.

Déjà parce que cela dépendra énormément de l’expérience utilisateur que propose votre enquête. Imaginez passer 10 minutes sur votre passe-temps favori, 10 minutes à attendre à ne rien faire et 10 minutes sur une tâche utile mais que vous détestez faire. Vous n’aurez absolument pas la même perception du temps passé ou de sa valeur. Pour une enquête, c’est pareil : il serait faux de penser qu’une question vaut une question, ou qu’une minute vaut une minute dans tous les cas de figure. Les participants peuvent ainsi s’éclater sur une enquête de 50 questions, et détester une enquête de 10 questions.

Ensuite, parce que le temps et la perception peuvent énormément changer selon les types de questions :

  • Les questions fermées sont en général les plus simples et rapides (encore faut-il qu’elles soient bien posées).
  • Les questions matrices sont en fait plusieurs questions en une. Une question matrice à 5 ligne, ce sont 5 questions fermées qui s’enchaînent bien !
  • Quant aux questions ouvertes, elles ont un statut particulier : ce sont elles qui demandent le plus de temps et d’énergie, mais ce sont en même temps les plus intéressantes. Par ailleurs, il est assez communément admis qu’elles sont facultatives

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Sachant tout cela, vous comprenez qu’on ne peut pas décréter un nombre absolu de questions ou un temps absolu de réponse “recommandé”, et que tous les chiffres en la matière sont à relativiser. Mais je ne vais pas vous laisser sur votre faim non plus ! Pour vous donner un ordre de grandeur, je considère en général qu’à partir de 20 questions, un questionnaire ne peut plus être considéré comme « court ». Il est également délicat de dépasser 10 minutes de réponse.

Mais, long ou pas, comment fait-on pour faire en sorte que les participants répondent jusqu’au bout ? En soignant l’expérience utilisateur.

Soigner l’expérience utilisateur pour engager les répondants jusqu’à la fin de votre enquête en ligne (même longue)

Il y a de nombreuses composantes à l’expérience utilisateur de votre enquête. Dans cet article, je m’attarderai sur celles à privilégier dans le cadre d’une enquête “longue”.

1. Envisager de raccourcir l’enquête

OK, c’est évident. Mais si vous lisez cet article, c’est que vous vous dites que votre enquête est peut-être trop longue. Et dans ce cas, vous devriez envisager de la raccourcir ! Je vous explique comment faire dans cet article : Comment raccourcir un questionnaire trop long ?

2. Y mettre les formes

Ensuite, il y a un certain nombre de points, dans la mise en forme de votre enquête, qui peuvent aider à simplifier la tâche des participants :

Répartir l’enquête en plusieurs pages

La bonne pratique en la matière est de répartir vos questions sur plusieurs pages, avec 2 à 10 questions par page. L’idée étant :

  • De répartir les questions traitant d’un même thème sur une même page. Vous clarifiez ainsi la logique et la structure de l’enquête pour le répondant.
  • De donner aux participants le sentiment d’avancer, à la fois au sein d’une page et dans le nombre de pages. Pour cette raison, il faudra ajuster le nombre de pages/le nombre de questions par page. Le but est de ne pas donner l’impression d’avoir une page interminable, ni d’avoir un nombre de pages trop élevé. C’est pour cela que les nombres de pages et de questions par page pourront grandement varier d’une enquête à l’autre.
  • De donner une meilleure vue d’ensemble. Ainsi, les participants savent où ils en sont, à quelle question ils viennent de répondre, etc.

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Pour ces raisons, je ne peux que difficilement recommander les outils d’enquête qui ne laissent pas d’autre possibilité que de disposer toutes les questions sur une seule page, ou une seule question par page… (désolé Typeform)

Utiliser les branchements conditionnels

Les branchements conditionnels permettent de n’afficher une question ou une page que sous certaines conditions. Ne montrer à un répondant que les questions qui le concernent est une bonne manière de rendre l’enquête plus courte pour lui !

Attention : les branchements conditionnels demandent un raisonnement logique poussé pour être faits proprement. Mais ils peuvent réduire drastiquement la longueur de l’enquête pour une bonne partie des participants, tout en vous donnant des résultats plus pertinents. Ils diminuent également la frustration des répondants de voir qu’une bonne partie des questions ne les concerne pas.

Varier les questions

En variant les types de question et les mécanismes de réponse utilisés, vous apportez une variété bienvenue aux répondants. Ceux-ci peuvent en effet rapidement se lasser (et donc répondre n’importe quoi) si on leur demande d’évaluer 50 points à la suite sur une échelle de 1 à 5…

Attention cependant à ne pas varier pour varier, en introduisant des types de questions totalement artificiels ou inadaptés ! Vous devez varier les différentes approche du problème du point de vue des participants, pas la manière de poser une même question ! Par exemple, n’enchaînez pas une note de 1 à 5, une note de 1 à 10 et une question classement en pensant apporter de la variété : vous créerez en réalité plus de confusion. Au-delà de la satisfaction, vous pouvez en revanche vous intéresser à l’utilisation/la fréquence concernée par cette satisfaction, au pourquoi, au comment, au ressenti, aux idées d’amélioration, etc.

Rendre vos questions facultatives

Toutes les questions de toutes les enquêtes devraient être facultatives (à la limite, on peut tolérer 1 à 3 questions obligatoires par enquête). Car rendre vos questions obligatoires fait prendre des dimensions dramatiques à chaque petite erreur du questionnaire, chaque option oubliée ou chaque cas que vous n’avez pas envisagé (et il y en a toujours).

En utilisant des questions facultatives :

  • Vous vous rendrez compte que les participants répondent tout autant à vos questions
  • Les répondants seront bien plus sereins et satisfaits de ne pas être bloqués sur des questions qui ne les concernent pas, qu’ils ne comprennent pas ou à laquelle ils ne savent pas quoi répondre

Trouvez le modèle d’enquête qui vous correspond :

3. Motiver les répondants

Motiver les répondants ? Facile à dire, mais ça veut dire quoi concrètement ? Et comment on fait ?

Un questionnaire intéressant pour les répondants

En quoi le sujet que vous traitez peut-il intéresser les participants ? Quel impact positif la prise en compte de leur avis peut-il avoir pour eux ? Quelle réflexion enrichissante les participants peuvent-ils mener sur le sujet ? Comment donner aux participants l’impression de se sentir valorisés à travers les réponses qu’ils donnent ?

En gardant ces questions en tête en concevant votre enquête, vous serez en mesure de concevoir une enquête qui produira les résultats dont vous avez besoin, tout en étant intéressante pour les participants !

N.B. : faire une enquête véritablement intéressante peut amener à des choix contre-intuitifs au premier abord. Par exemple, inclure dans votre enquête des questions dont vous n’avez pas besoin ou dont vous connaissez déjà la réponse ! Certaines de ces questions peuvent en effet avoir un intérêt pour les répondants, voire être considérées comme incontournables ! Difficile par exemple de ne pas interroger un commerçant sur l’impact de la crise du Covid sur son activité, même si ce n’est pas le sujet de votre enquête. Cela montre que vous êtes à l’écoute, que vous vous intéressez à sa situation et que vous êtes conscient des contraintes qui pèsent sur son activité.

Une communication claire

Comprendre et alimenter les motivations de vos répondants vous permet également de mieux penser votre communication. Vous pouvez alors mettre en avant l’intérêt pour eux de répondre à l’enquête. Cela se fera notamment dans l’invitation (souvent envoyée par e-mail) et dans le mot d’introduction (au début du questionnaire).

Cette communication doit d’ailleurs généralement préciser le temps de réponse nécessaire. Et là-dessus, je n’ai qu’un conseil à vous donner : ne mentez pas. Vous pouvez “arrondir” en dessous si vous le souhaitez (10 minutes au lieu de 12), c’est le jeu. Mais il n’y a rien de plus ridicule et frustrant qu’un questionnaire de 15 minutes qui annonce 5 minutes de temps de réponse… Une fois que les participants se seront rendus compte de la supercherie, vous vous exposez en effet à un très fort taux d’abandon et de réponses “au pif”. Si vous n’êtes pas à l’aise avec le temps de réponse, préférez ne rien mettre que de dire n’importe quoi !

4. Enregistrer toutes les réponses

Certaines solutions d’enquête enregistrent toutes les réponses reçues (comme Zoho Survey, par exemple). D’autres, comme Google Forms, n’enregistrent que les réponses des participants qui vont jusqu’au bout de l’enquête et cliquent sur “envoyer”. Si vous avez peur que votre enquête soit trop longue et que les participants n’aillent pas au bout, vous avez intérêt à choisir une solution qui enregistre toutes les réponses !

Dans la même veine, pensez également à placer les questions les plus importantes pour vous dans la première moitié de l’enquête. Ainsi, même si les participants ne vont pas au bout, vous aurez les réponses à ces questions ! (à condition d’avoir choisi un outil qui enregistre les réponses des participants qui abandonnent, bien sûr)

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Conclusion

J’espère que ces quelques points concrets vous auront aidé à mieux comprendre ce qui rend un questionnaire trop long ou pas, et à améliorer la perception de la longueur de votre enquête par les participants ! Si vous avez besoin d’aide sur votre projet d’enquête, n’hésitez pas à faire appel à mes services, que ce soit pour une prestation de conseil ou un échange d’assistance à distance !

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Photo by patricia serna on Unsplash

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Pierre

J'ai conçu et posé une bonne dizaine de milliers de questions depuis 2010. A travers ce site, je veux partager mon expertise pour vous aider à réussir vos projets :)

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