Les questions échelles sont les questions fermées pour lesquelles les options suivent une progression logique. Zoom sur leur construction et leurs cas d’utilisation quasi infinis !

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Qu’est-ce qu’une question échelle ?

Les options d’une question échelle suivent une progression logique, croissante ou décroissante (l’ordre alphabétique n’est pas une progression logique).

Une question échelle de satisaction de "Pas du tout satisfait" à "Totalement satisfait"
Exemple de question échelle de type “-2/+2”
Une question échelle sous forme de jauge pour attribuer une note de 0 à 10
Exemple de question échelle sous la forme d’une jauge de 0 à 10

Les options d’une question échelle n’ont pas forcément besoin d’être explicitement quantifiées (en attribuant une note) pour les participants, mais elles doivent être quantifiées de votre côté afin d’en analyser les réponses : chaque option correspond à une valeur, qui peut être directement dictée par l’option elle-même ou arbitraire. Un bon test pour identifier une question échelle est de se demander si la moyenne des valeurs de ces options a du sens.

Exemple

Imaginons qu’une entreprise veuille savoir à quel point ses employés habitent loin de son bureau parisien. Une première manière de poser la question est celle-ci :

« Où habitez-vous ?

  • Paris (75)
  • Seine-et-Marne (77)
  • Yvelines (78)
  • Essonne (91)
  • Hauts-de-Seine (92)
  • Seine-Saint-Denis (93)
  • Val-de-Marne (94)
  • Val-d’Oise (95)
  • En-dehors de l’Île-de-France »

Ceci est une question fermée, mais ce n’est pas une question échelle : il n’y a pas de progression logique entre les départements, leur numérotation n’est qu’une convention. Il suffit de considérer la moyenne pour s’en convaincre : cela n’aurait aucun sens de faire la moyenne des numéros de département.

Voici une autre manière de poser la question, cette fois sous forme d’échelle assez rudimentaire, en utilisant une progression en termes d’éloignement :

« Où habitez-vous ?

  • Paris
  • Autre département d’Île-de-France
  • En-dehors de l’Île-de-France »

On peut donner arbitrairement les valeurs 1, 2 et 3 à ces réponses : leur comparaison indique bien l’éloignement plus ou moins élevé, et leur moyenne a un certain sens, toutes proportions gardées.

Cependant, en revenant à l’objectif même de la question (savoir à quel point les employés habitent loin du bureau parisien), on trouve une manière bien plus simple et parlante (et finalement logique) de poser la question :

« Combien de temps en moyenne mettez-vous pour vous rendre à notre bureau parisien depuis votre domicile ?

  • Moins de 10 minutes
  • De 11 à 20 minutes
  • De 21 à 30 minutes
  • De 31 à 45 minutes
  • De 46 à 60 minutes
  • Entre 1h et 1h30
  • Plus de 1h30 »

Cette question répond bien à l’objectif, et c’est sans aucun doute une question échelle : la progression est indéniable, et il est bien plus simple d’attribuer des valeurs aux options : on peut par exemple prendre la borne inférieure (0, 11, 21, 31…) ou le centre (5, 15, 25, 37…) de chaque intervalle.

Pourquoi les questions échelles sont aussi importantes

Un des principaux avantages des questions échelles est justement d’avoir des options quantifiées ! Vous pourrez alors réaliser de véritables statistiques sur les résultats, en calculant des moyennes, des écarts types, des différences entre populations, des coefficients de corrélation… Tout cela n’est vraiment réalisable que sur des questions échelles !

Comment se construit une question échelle ?

Par construction, une échelle couvre l’ensemble du spectre : elle est délimitée par deux extrêmes, avec des options intermédiaires entre les deux. Il ne doit ainsi pas être possible de vouloir choisir une réponse inférieure ou supérieure aux options proposées.

Exemple

Dans l’exemple des temps de trajet, tous les cas étaient pris en compte : des personnes ayant 1 minute ou 3 heures de trajet se retrouvent tout à fait dans les réponses proposées.

Une échelle comporte donc au moins 3 options, même si la plupart des échelles comporte de 4 à 7 options, à l’exception de la note de 0 à 10 qui en comporte 11.

Cette construction implique également certaines bonnes pratiques assez immédiates :

  • Les options ne doivent pas être placées dans un ordre aléatoire, mais dans l’ordre croissant ou décroissant (je vous conseille l’ordre croissant pour une échelle de notation).
  • Un répondant ne peut choisir qu’une seule option : s’il peut avoir envie d’en choisir plusieurs, ou de répondre « ça dépend », c’est que la question est une “question multiple”, et qu’elle est donc mal posée (vous pouvez en apprendre plus ici sur les questions multiples).
  • Les options ne doivent pas inclure de choix « autre », puisque l’échelle est censée couvrir l’ensemble du spectre. Je recommande en revanche d’ajouter un choix « non concerné », car toutes les questions ne concerneront pas tout le monde (et vous ne serez pas toujours en mesure de le déceler).

Quand utiliser une question échelle ?

Il est difficile de lister tous les cas dans lesquels on peut utiliser les questions échelles, car la liste est presque infinie ! Si je devais donner une idée générale, ce serait que l’on peut (et doit) utiliser les questions échelles à chaque fois que l’on souhaite « évaluer » quelque chose. Vous pouvez retrouver ici une variété de cas d’utilisation, et les types d’échelles associées !

Pour aller plus loin :

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Pierre Simonnin

J'ai conçu et posé une bonne dizaine de milliers de questions depuis 2010. A travers ce site, je veux partager mon expertise pour vous aider à réussir vos projets :)